Un hébergeur désigné terroriste...
Rédigé par CrazyCat
Aucun commentaire
Classé dans : Tribune
Le collectif numérique (hacktivist) italien Autistici/Inventati, qui héberge depuis 25 ans des services non-commerciaux (mails, mailing-lists, sites, messageries instantanées, ...) a été déclaré comme terroristes internationaux (Specially Designated Global Terrorist) par les états-unis.
Les entreprises qui travaillent avec eux (banques, fournisseurs, ...) ont un mois pour cesser toute transaction avec eux, et une banque a déjà bloqué le compte du collectif.
De leur côté, les états-unis ont arbitrairement procédé à la saisie du nom de domaine, rendant inaccessibles les services liés.
La quadrature du net diffuse une traduction de la lettre ouverte dénonçant cette action digne d'une dictature.
Ce qui suit est un extrait de cette lettre, que nous vous conseillons d'aller lire en entier.
Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.
L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?
Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les registraires de noms de domaine, les entreprises d’hébergement à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l’infrastructure en culpabilité par association.
N'hésitez surtout pas à aller signer vous aussi la lettre ouverte (en anglais)